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L'emploi au coeur des préoccupations des élus

Face à la crise économique qui touche de plein fouet les Allonnais, le conseil municipal a désigné, il y a 6 mois, un de ses élus, Youssef Ben Amar, conseiller délégué en charge des questions de l’emploi. En toute franchise, il nous confie ses objectifs, ses premières réalisations, mais aussi les limites de sa mission.

Vous êtes conseiller municipal délégué à l’emploi, au développement économique, à l’insertion et à la formation, alors que ces questions ne sont pas une compétence communale. Votre rôle n’est-il pas purement symbolique ?
Absolument pas. Certes, cette responsabilité incombe à Le Mans Métropole, mais, de l’expérience passée dans le précédent mandat, il est apparu indispensable à la majorité municipale de positionner un élu sur ces questions, afin, avant tout, de mettre en synergie tous les acteurs intervenant sur ce champ. Parce qu’aussi étrange que ça puisse paraître, jusqu’alors, toutes les énergies n’étaient pas fédérées. En six mois, nous avons beaucoup avancé dans ce sens. Ceci étant dit, il ne faut pas perdre à l’esprit qu’Allonnes n’est pas coupé du contexte économique national très difficile, et que la marge de manœuvre d’un simple local sur un système économique capitaliste des plus agressif reste limitée.

Concrètement, qu’avez-vous fait ?
Nous avons à notre actif un certain nombre de micros réussites. Par exemple, en ayant noué des relations étroites avec les dirigeants de la chaîne de restauration Buffalo Grill, quand ils ont exprimé le souhait de s’installer à Allonnes, nous les avons convaincu qu’ils avaient tout à gagner à recruter des Allonnais. Nous leur avons fourni la logistique nécessaire pour qu’ils puissent faire leurs recrutements dans les meilleures conditions. Aujourd’hui, la moitié des salariés du restaurant sont Allonnais.

Des liens nouveaux avec les entrepreneurs locaux se nouent donc ?
Avec Gilles Leproust, nous avons décidé de rencontrer toutes les entreprises du territoire. Notre objectif, « vendre les talents des Allonnais », c'est-à-dire expliquer aux chefs d’entreprises que, sur notre commune, il y a du potentiel humain de qualité qui ne demande qu’à s’épanouir. Mais, soyons clair, on ne peut imposer à des employeurs d’embaucher des Allonnais. C’est donc un long travail de persuasion.

Mais les employeurs disent qu’ils rencontrent des difficultés à recruter de la main d’œuvre qualifiée ?
Ce serait mentir que de dire que les Allonnais ne sont pas victimes de discrimination territoriale. La réalité, c’est aussi que le nombre de non qualifiés est chez nous très important. C’est pourquoi, nous travaillons aussi la question de l’insertion. Un exemple concernant ceux qu’on appelle « les invisibles », ces jeunes qui sont inscrits nulle part : ma volonté a d’abord été de les identifier. Cela a nécessité un travail avec tous les acteurs de terrain, qui, désormais, se réunissent une fois par mois pour travailler sur 4 à 5 situations concrètes par rencontre.

Et, le rôle de Pôle emploi dans tout ça ?
Des liens nouveaux sont noués. Une fois par semaine, j’échange avec son directeur. Nous avons obtenu de lui que l’agence organise, une fois par mois, à Allonnes, des ateliers de formation à la recherche d’emploi. Ces permanences sont aussi destinées aux chefs d’entreprises. Notons aussi, que  dernièrement, Pôle emploi a organisé à Allonnes un recrutement de 14 CDI pour l’entreprise Onet, 4 Allonnais font désormais partie de l’entreprise. Les relations avec la Mission locale sont aussi aujourd’hui beaucoup plus étroites.

Vous avez organisé un « forum des métiers de la Setram ». Envisagez-vous d’autres rencontres de ce type ?
Après celui organisé avec la Setram, nous avons décidé, avec l’ensemble des partenaires institutionnels, de tenir, sur proposition des jeunes du Cja, un Forum de l’emploi, au mois de mars. Nous l’envisageons d’importance, en l’organisant salle Jean Carmet. L’objectif est de mettre en relation les demandeurs d’emploi et les entreprises qui recrutent. Nombre d’organismes de formation seront aussi présents.

Que faites-vous face aux fermetures d’enseignes commerciales et d’entreprises ?
La municipalité a décidé d’être très offensive sur cette question. Nous sommes en contact permanent avec les salariés de Warner, Delbard et Ltr, basée à Spay, mais dans laquelle travaillent nombre d’Allonnais, et suivons de près la situation de Ntn (lire p.11 - NDLR). En ce qui concerne la fermeture d’enseignes commerciales dans la zone du Vivier, là aussi nous sommes très inquiets. Nous travaillons activement avec le Mans Métropole, pour l’installation de nouveaux commerces. Mais, je ne vous cache pas que ce travail de prospection est actuellement difficile.

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