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Le bio se met à table

S’en aperçoivent-ils ? Les 1 200 usagers de la restauration municipale mangent chaque jour bio. En effet, 25% des aliments servis par la ville sont issus de l'agriculture biologique, faisant d’Allonnes une ville avant-gardiste en la matière. Description et enjeu d’un mode de restauration collective goûteux et durable.  

Manger des repas que la ville confectionne ne se limite pas à simplement consommer des aliments, mais également à en apprécier la saveur, en recherchant la meilleure qualité de produit, tout en ayant une démarche qu’on qualifie de durable pour la planète.

Ainsi, quotidiennement, l’Espace social de restauration (Esr) prépare des menus équilibrés, dans lesquels sont incorporés des aliments issus de l’agriculture biologique. 917 élèves, 130 séniors du foyer logement Jean Duchesnes ou à domicile et 45 usagers de l’Institut médico-éducatif (Ime) en bénéficient.

Des produits de saison, frais et peu transformés

Un produit bio est un produit agricole (une carotte, un steak, par exemple), ou dont au moins 95% des ingrédients d’origine agricole (un yaourt, un gâteau, par exemple) sont issus de l’agriculture biologique. La qualité biologique désigne en fait un mode de production agricole, dont les fondements sont basés, notamment, sur la non utilisation de produits chimiques de synthèse, d’Organismes génétiquement modifiés (Ogm) ou de produits obtenus à partir d’Ogm.

Pour Nadine Fecelier, élue référente en charge de la restauration municipale, l’introduction de produits bio dans les repas, est motivée aussi par le choix de « favoriser un approvisionnement de proximité, auprès donc de producteurs locaux, de privilégier les variétés locales, afin de soutenir la biodiversité, et de proposer des produits de saison, frais et peu transformés ». Cette démarche permet de réduire considérablement la pollution générée par le transport.

Aujourd’hui, un repas confectionné par les cuisiniers municipaux comporte 25% de produits biologiques, ce qui représente 12% des achats alimentaires. « Ce chiffre est bien supérieur à celui des autres communes, qui est de 4% en moyenne », insiste l’élue.

« C’est bien meilleur le poulet bio ! »

Les produits bio utilisés sont très divers : beurre, œufs, fromage, légumes, féculents, fruits, produits d’épicerie. Pour la viande, c’est un peu plus complexe, tant les filières d’approvisionnement bio de proximité sont encore limitées. Néanmoins, il arrive que l’Esr parvienne à confectionner un repas 100% bio, comme à la mi-octobre, avec, en entrée, des carottes râpées avec une vinaigrette balsamique, en plat de résistance, un filet de poulet spaghettis à la sauce normande, du camembert et, en dessert, du raison blanc.

Incontestablement, les usagers apprécient le bio. Chacun se rend compte qu’il mange des produits différents, non aseptisés. Les goûts et textures surprennent. « C’est bien meilleur le poulet bio ! », lance en cœur une tablée d’élèves de l’école Lyautey. En effet, ses cuisses sont nettement plus rosées et charnues que celle d’un poulet industriel.

Servir des produits biologiques aux enfants, au-delà de leur apporter des bienfaits pour leur santé, c’est aussi une manière de les éduquer et d’en faire de futurs « consom’acteurs » éclairés. Pour ce faire, « pendant le repas, nous sensibilisons les enfants sur le sujet, en leur expliquant la particularité d’un produit bio », indique Julien Gautier, le directeur de la restauration municipale. Des interventions dans les classes et des visites dans des fermes sont aussi régulièrement organisées, ainsi que des petits déjeuners pédagogiques pour les enfants de maternelles. Pour les tout-petits, des animations ont également lieu à la halte garderie.

Pas d’augmentation du prix des repas

L’introduction du bio a toujours été vue d’un bon œil par les usagers et, notamment, les parents, d’autant qu’elle ne s’est pas accompagnée d’une augmentation du prix des repas. En effet, la  ville prend en charge le surcoût, le prix facturé restant toujours modeste, variant entre 0,93 € et 2,98 €, pour les écoliers, selon leur quotient familial.

Chaque année, en Europe, 100 000 enfants meurent de maladies causées par l’environnement. 30% des cancers sont liés à la pollution et 40% à la nourriture. L’incidence du cancer a augmenté de 93% en 25 ans. En introduisant chaque année de plus en plus de bio dans les repas qu’elle produit, la ville mène ainsi avec force le combat contre la malbouffe, mortifère, et agit pour la santé des consommateurs.

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