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Comment aider un proche alcoolique ?

Il boit... il, c’est votre conjoint, ou votre fils, un collègue, un proche, un voisin. Il... ou elle, car les problèmes d’alcool concernent aussi les femmes. L’alcoolisme est une maladie. Comment pouvez-vous être utile à un alcoolique pour qu’il s’en sorte ? Tentative de réponses.

Généralement, la personne qui est atteinte d’alcoolisme ne pourra en sortir qu’avec l’aide d’un professionnel ou d’un bénévole rétabli*. L’entourage n’est en rien responsable de cette maladie qui touche un de ses proches. Néanmoins, sans le vouloir, les proches sont impliqués dans cet alcoolisme : soit passivement, parce qu’il le tolère, soit activement, parce qu’il le combat avec des moyens souvent inappropriés.

Nommer l’alcool

« La première des choses est de sortir de ce jeu où chacun sait que l’autre sait, mais ne dit rien », confie Denise, épouse de Max, alcoolique pendant une quinzaine d’années. « Il faut refuser le cercle vicieux du non-dit », ajoute-t-elle. Nommer, reconnaître le problème d’alcool, c’est reconnaître la personne. « Parlez simplement, en votre propre nom, de ce que vous ressentez : vos impressions, votre inquiétude, votre souffrance ». Ainsi interpellé, sur le mode direct de l’observation et non celui du jugement, l’autre est en situation de répondre, de contredire, de dialoguer, d’égal à égal, au lieu de continuer à se terrer dans un silence coupable.

« La négation du problème est en fait une attitude de défense », se souvient Max, qui a arrêté de boire depuis six ans. Devinant l’ampleur de son problème, la personne n’est pas encore prête à l’accepter et encore moins à y remédier. « La honte est trop forte, l’étiquette d’alcoolique insupportable, le malade pense pouvoir gagner seul le combat contre l’alcool ». Là où l’entourage ne voit que mauvaise foi ou mensonge, il faut imaginer au contraire une tentative désespérée du malade pour s’en sortir par lui-même.

Avant le traitement de la maladie

La perspective d’une thérapie ne sera pas pour autant acceptée d’emblée. Avant que le malade ne se décide à entreprendre une démarche, il va sans doute s’écouler un temps qui paraîtra très long, jalonné de « bonnes résolutions » (non tenues), de crises et de négations du problème. « Il faut être patients », insistent Denise et Max.

L’entourage doit considérer qu’il s’agit d’une étape difficile - probablement la plus difficile - qui est incontournable. Malgré la difficulté de la situation, « essayez de vous montrer solidaire, reconnaissez les efforts entrepris, même s’ils sont maladroits et inopérants ».

Pendant toute cette période, « sachez que vous n’êtes pas obligé de tout accepter ». Vous avez eu le courage de parler d’alcool, vous avez dit vos craintes : vous êtes donc en droit de prendre vos distances quand le malade, sous l’effet de l’alcool, vous rend la vie impossible. Vous êtes maintenant beaucoup mieux placé pour définir de nouvelles limites, dire ce que vous acceptez et ce que vous n’acceptez plus.

Pendant et après

Le traitement est proposé par le médecin, en général le médecin généraliste. La cure, d’une durée de huit à vingt jours, peut souvent s’effectuer en ambulatoire dans un centre d’addictologie, mais nécessite parfois une hospitalisation. Dans tous les cas, un suivi ultérieur par une équipe d’alcoologie est recommandé.

L’abstinence d’alcool doit rester totale et inconditionnelle. Elle constitue une véritable révolution dans la vie du malade, habitué à s’appuyer sur l’alcool depuis tant d’années, et nécessite une vigilance sans relâche : « C’est un travail à temps plein, en se disant  « j’arrête de boire, toutes les secondes, le matin, le soir », explique Max.

« Bien des réalcoolisations surviennent du fait de maladresses des proches : « Juste un petit verre ne pourra pas te faire de mal », se souvient-il, lui qui avait rechuté. Soyez donc vigilants.

Pour l’entourage, qui a tout misé sur la cure, les difficultés ne sont pas terminées : un nouvel équilibre, un nouveau partage des rôles devra être négocié avec le buveur rétabli, soucieux de retrouver le rôle qu’il avait abandonné depuis des années, que ce soit dans sa famille ou sur son lieu de travail. D’où le désarroi de ceux qui, l’ayant supporté et soutenu, se trouvent parfois relégués à un plan secondaire. On n’hésitera pas le cas échéant à recourir à un professionnel du travail social ou à un psychologue.

« Certes, le chemin est long, difficile et semé de terribles embûches. Mais, il faut y croire, croire en soi, en son avenir, pour reconquérir sa dignité humaine et sa liberté », lance le couple de cinquantenaires, qui a désormais retrouvé une seconde jeunesse.

*Mouvement Vie libre
Tél : 02 72 16 51 08/06 67 96 50 23
www.vielibre.org

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