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Le bois Marshain, son histoire

Bien avant l’éclosion de la ville nouvelle dans les années 1960, Allonnes avait déjà bâti une partie de son histoire. Au delà de son prestigieux passé gallo-romain, il est aussi ici des espaces naturels qui ont un vécu. Découverte de celui du bois Marshain, grâce aux recherches de Philippe Landais, érudit local.

Le long de la Sarthe, il est un espace forestier qui, au cours des siècles, a porté différents noms : Marhaing, qualifié ainsi sur un plan de 1571, Marrhain, en 1804, Marin en 1844, Marshain, aujourd’hui, ou bois de la Foresterie. Sa superficie atteint 54 ha, allant du Moulin de Chaoué au quartier des Métairies.

Le bois de la Chapelle Royale du Gué-de-Maulny

Au fil des siècles, à plusieurs reprises, il a souvent été modifié par la main de l’homme, qui l’a exploité. Pour ce faire, un arpentage, permettant de quantifier et qualifier la nature du domaine, a été mis en place. Le 30 avril 1723, un « Plan, Figure et Arpentage » des bois dépendant de la Chapelle Royale du Gué-de-Maulny, située au Mans, est dressé, afin de formaliser ses possessions, dont le bois Marshain, qui, vraisemblablement, lui appartient depuis fort longtemps déjà.

Dans la note qui l’accompagne, il est relevé que sa surface est de 50,86 ha. Le plan, consultable aux archives départementales, permet de visualiser aussi les différentes parties composant ce patrimoine ecclésiastique à Allonnes : « Le champ de la Foresterie, le verger et le jardin de la Foresterie, le chemin d’Allonnes à Spay, le champ d’Inviolata, les terres du dit lieu d’Inviolata, le lieu d’Inviolata du Gué de Maulny, les allées du sieur de Vausseillon (Grande maison de Chaoué), les bois du sieur de Vausseillon, le bordage du Port Bolot, et, enfin, le bois des Landes ».

Le 13 août 1728, les religieux affinent leur inventaire, en faisant appel à un géomètre et arpenteur des Eaux et Forêt de la maîtrise du Mans, qui apportera les observations suivantes : « Bois de taillis de chesnes, chataigners, coudres, érables et autres faux bois de médiocre nature ».

Une carrière de grès ?

Le 24 décembre 1770, une demande pour l’ouverture d’une carrière de grès est formalisée, avec l’espoir de prélever 20 000 pierres. L’absence de documents plus précis ne nous permet pas de déterminer le lieu exact dans le bois et le volume finalement prélevé, si tant que l’action eût abouti.

Plusieurs documents attestent d’une exploitation régulière du bois. Ainsi, le 14 février 1775, Louis-Jacques de Blanchardon, grand maître des Eaux et Forêts du comté du Maine, a estimé à « 5 600 livres la valeur des anciens baliveaux du bois Marhain, organisés en 25 coupes réglées ».

Quelques années plus tard, deux décisions modifient profondément le lieu. Celui-ci ne sera plus un ensemble hétéroclite de parcelles, aux contours mal définis, mais un espace boisé structuré et accessible. Pour ce faire, décision est prise d’ouvrir deux chemins (charrières) en croix, où pourront passer des charrettes, et de borner l’espace. Ces chemins subsistent toujours.

Des bornes forestières

Toujours en nous promenant, nous sommes frappés par la présence de bornes (6 grandes bornes et 3 petites sur le domaine public, et 6 grandes et une petite, sur le domaine privé). On en trouve, notamment, une grande et une petite au pied des trois châteaux d’eau. Plus bas, deux autres sont visibles de part et d’autre du chemin principal et une, solitaire, se situe à proximité de l’espace Chaoué Port Belle Eau.

À l’origine, il y en avait 42. Leur mise en place a été réalisée du 26 au 31 mai 1783, nous révèlent les archives des Eaux et Forêts. Elles portent sur leurs flancs des inscriptions, à savoir un ou deux chiffres et toujours la lettre « C », signifiant « coupe ». Plantée à 2 mètres de la charrière, la borne principale annonce sa médiane à 6 mètres. En s’alignant sur ces deux éléments, l’agent des Eaux et Forêts, ainsi que le propriétaire, peuvent localiser la troisième borne indiquant la limite de la coupe.

Avec la Révolution, le statut des bois changent, ils deviennent biens nationaux. Ainsi, le bois Marshain est confisqué au clergé. Depuis, la majeure partie de celui-ci est restée un bien collectif, propriété de la commune et de Le Mans Métropole, pour le site archéologique, qui a commencé à « sortir du bois » à partir de 1953. S’ouvre ici une autre histoire, que nous ne manquerons pas de vous conter une prochaine fois...

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