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le 21/06/2017

Yvon Luby, 37 ans au service des Allonnais

Figure emblématique de la vie politique sarthoise, il a été Maire d’Allonnes pendant 31 ans.

Après un diplôme de l’Ecole supérieure de commerce de Nantes, il rencontre Maryvonne, jeune institutrice nommée en Sarthe. Il décide de la suivre et de l’épouser. Ils auront deux enfants ensemble.

A 23 ans, Yvon Luby devient instituteur, comme le fut aussi son père. Ayant rejoint le Parti Communiste Français (PCF) en 1956, Yvon Luby est nommé en 1962 à Allonnes, avec son épouse. Son engagement politique, il le conservera jusqu’à sa mort. Cela ne l’empêchera pas de toujours exprimer son avis et, parfois, ses désaccords.

A cette époque, la ville commence tout juste à sortir de terre. Yvon Luby fait son entrée dans la nouvelle école Victor Hugo où il va enseigner pendant plusieurs années. Très investi dans le milieu associatif, il fonde notamment l’antenne locale de la Confédération Nationale du Logement (CNL).

En 1971, Yvon Luby décide de poursuivre son engagement militant en tant qu’élu de l’opposition au Conseil municipal d’Allonnes. En 1977, la liste d’Union de la gauche obtient un score de 66 % aux élections municipales et il devient Maire d’Allonnes.

Il hérite d’une ville endettée : Yvon Luby prend le parti de ne pas augmenter les impôts locaux et présente un budget en déséquilibre : cet acte de rébellion lui vaut le courroux du Préfet. Mais Yvon Luby ne cède pas, obligeant le Préfet à demander au gouvernement que l’Etat apporte son soutien financier à la Ville, au nom de la solidarité nationale. Et les aides arrivent, permettant d’équilibrer le budget de la ville et de payer ce qui était dû.

Conseiller général de la Sarthe pendant 26 ans, Yvon Luby se révèle être un homme de combat, toujours le poing levé, mais aussi, toujours la main tendue.

Tout au long de sa vie politique, il n’a cessé de se battre pour sa ville et ses habitants, ne lâchant rien de ses convictions. Avec les élus successifs qui l’ont accompagné durant toutes ces années, il a mené de nombreuses luttes pour qu’Allonnes s’affranchisse de son image de ville dortoir et devienne une ville à part entière où il fait bon vivre. Yvon Luby a été aussi l'un des initiateurs de l'association des maires Ville & Banlieue de France dont il a été l'un des Vice-présidents. 

Outre l’équilibre du budget, Yvon Luby a participé à de nombreuses réalisations, telles que :

l’implantation du lycée : ce fut une lutte de plus de 30 ans avec les associations de parents d’élèves et les enseignants. Ce lycée tant attendu a finalement été construit en 1995,

la rénovation de la ZUP : celle-ci a débuté en 1983. Avec le Projet de Rénovation Urbaine signé en 2007, en présence notamment de François Fillon, alors Premier ministre, ce fut une nouvelle page de la rénovation de la ville qui s’est écrite,

le développement économique de la commune : Yvon Luby s’est battu pour faire venir de nouvelles entreprises telles que Leclerc ou NTN et pour développer les zones d’activité du Vivier et du Monné,

les actions en faveur de la petite enfance : avec l’ouverture du Pôle Petite Enfance en 2005, les parents ont trouvé sur Allonnes un soutien important,

l’accès à la culture pour tous : grâce à Yvon Luby, Allonnes est considérée comme ville phare en matière d’actions culturelles (durant ses mandats successifs, il a été à l’origine de l’inauguration de l’école municipale de musique et du complexe Jean Carmet, de l’ouverture de la médiathèque, de la création du Théâtre Chaoué, de l’atelier public d’arts plastiques, de l’Excelsior…),

le développement des infrastructures sportives : en 2003, Allonnes a été désignée comme la ville la plus sportive des Pays de la Loire dans sa catégorie grâce à la richesse de ses équipements, au dynamisme des clubs et au travail important et exemplaire des bénévoles (Yvon Luby a notamment inauguré le boulodrome, le gymnase Jean Launay et l’Espace Associatif et Sportif Georges Garnier…),

- le rayonnement à l’international : en 2004, une convention de partenariat a été signée entre Allonnes et Sangha au Mali, 

l’action sociale et la politique tarifaire : elle a permis et continue aujourd’hui d’accompagner les difficultés sociales particulièrement ressenties sur la ville,

la défense du service public : en 2005, Allonnes a pris position contre l’Accord Général du Commerce des Services (AGCS) et a concrétisé cet acte par la pose symbolique d’un panneau à l’entrée de ville : « Allonnes, Zone préservée service public ». Avec ses équipes municipales, il a également pris des arrêtés contre les expulsions et les coupures d’énergie.

S’il est bien difficile de résumer 31 ans au service d’Allonnes et des Allonnais, on peut dire que ce grand Monsieur a marqué l’histoire de cette ville avec, à ses côtés, une équipe engagée, solidaire, ouverte sur le monde. Courtois, simple, intègre, il était réputé pour ses valeurs humaines, son sens de l’humour et son ton gouailleur. Toute sa vie, il a été un lecteur assidu du journal L’Humanité.

A la fin de son discours le 21 mars 2008, le nouveau Maire, Gilles Leproust, qui fut aussi son Premier adjoint, a affirmé : « Ensemble, nous écrirons de nouvelles pages au livre ouvert en 1977 par Yvon Luby. »