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le 27/11/2013

Les pigeons tournent-ils rond ?

Entre le pigeon et l’homme, c’est une longue histoire... Aujourd’hui, il est un hôte à part entière de nos villes. Mais une trop forte concentration provoque des dégâts et la transmission de maladies. C’est pourquoi, la ville agit épisodiquement pour réguler sa population.

Les pigeons présents à Allonnes appartiennent à deux espèces différentes : le pigeon biset, dit de  ville, et le pigeon ramier ou palombe, que l’on trouve dans le bois de Chaoué et en campagne. Le biset représente ici 90% de la population.

D’où viennent-ils ?

À l’origine, il vivait dans les falaises rocheuses. Il y a plusieurs milliers d’années, l’homme le domestiqua pour des raisons alimentaires. Mais ses compétences de grand voyageur revenant fidèlement à son pigeonnier ont bien vite été observées, et le « pigeon voyageur » est né. C’est, entre autre, la magnétite présente dans certains tissus de son cerveau qui, équivalente aux composants de nos boussoles, l’aide à trouver aisément sa route.

Avec le temps, des individus sont retournés à l’état « sauvage », s’installant, pour les bisets, le plus souvent en ville, où ils occupent des constructions dont la verticalité évoque leurs falaises d’origine. Les pigeons ramiers, quant à eux, nichent dans les arbres.

Espèce à fort potentiel d’adaptation, le biset a conquis tous les espaces disponibles, des toits des immeubles aux bâtiments désaffectés. Ceux présents à Allonnes nichent dans les moulins abandonnés de Saint-Georges et à l’incinérateur de la zone d’activité de la Chauvignière.

Un nourrissage nuisible

Grâce à la nourriture abondante qu’il trouve en ville, sa durée de vie atteint aisément huit ans, contre six à la campagne, et donne naissance à six pigeonneaux par an, au cours de trois couvées. L’abandon de détritus alimentaires et le nourrissage par les « amis des animaux » est à l’origine de ces concentrations. Alors qu’ils croient bien faire, les nourrisseurs de pigeons ignorent les conséquences de leur geste.

En effet, les rassemblements de pigeons contribuent à la transmission de maladies et de parasites entre les pigeons et à l’homme, et accroissent l’agressivité entre les individus. Ils occasionnent l’accumulation de fientes, provoquant des dégâts considérables sur les biens publics et privés.

À la cellule de proximité de la ville, on tient à rappeler qu’ « il est interdit de jeter ou déposer des graines ou d’autres formes de nourriture en tous lieux publics, pour y attirer les animaux errants, sauvages ou redevenus tels, notamment les chats et les pigeons. La même interdiction est applicable aux voies privées, cours ou autres parties d’un immeuble ».

La gestion des populations

Grâce aux interventions de Sarthe habitat, puis de la ville qui a pris le relais, la présence des pigeons à Allonnes a nettement diminué ces dernières années, mais leur nombre peut très vite redevenir élevé.

L’objectif n’est pas de les éradiquer, mais de limiter leur prolifération, sans pour autant les maltraiter. Pour ce faire, la ville fait appel à un spécialiste, Franck Floquet, de la société sarthoise FF Services 3D. Sa méthode est simple : « Il s’agit d’appâter, puis de capturer les pigeons dans des cages spécialement adaptées. En disposant du maïs, ils rentrent dans le piège, attirés par la nourriture », décrit-il. Les volatiles sont ensuite collectés tous les deux jours, acheminés à quarante kilomètres et enfin relâchés en pleine campagne.

Parfois, comme il y a trois ans, dans l’immeuble H avant sa démolition, Franck Floquet aménage des pigeonnais dans des logements vacants, permettant la capture, mais aussi la destruction des couvées, par un simple retournement des œufs.     

Son intervention dure un an, par vague de trois semaines, tous les trois mois. Le résultat est probant, puisque la population est passée de 600 en 2010, soit un oiseau pour 18 habitants, à 100 en 2011. En deux ans, elle s’est quelque peu reconstituée, portant son nombre à 250. Depuis quelques semaines, les cinq cages qu’il a déposées sur deux toits d’immeubles, prouvent une nouvelle fois leur efficacité, en collectant une trentaine de pigeons par semaine. Peu d’entre eux relâchés reviennent en ville, la nourriture étant tout aussi abondante à la campagne. Ainsi, la vie des pigeons tourne toujours aussi rond !

Voir les commentaires

Thevenot Jean
pigeons, chats, rat
Jeudi 21 novembre à 14h21
En tant que citoyen, nous ne pouvons que nous féliciter d'avoir une politique publique pour contenir les populations de pigeons, de rats, chats etc. Ce qui est naturel, n'est pas obligatoirement sans l'intervention de l'homme et la biodiversité se modifie de l'interaction de l'homme avec son environnement. La question de l'équilibre entre les espèces, passe par une gestion afin qu'une espèce n'étouffe pas les autres. Dans le monde végétal, nous souffrons l'espèce" invasives" qui empêchent la diversité, ce sont des prédateurs. Dans le monde animal nous avons la même problématique. Nous ne pouvons que condamner ceux qui par simplisme, sont très à nourrir les pigeons, les chats, rats etc..
Jean-Claude
Mercredi 27 novembre à 9h49
On entend partout que les pigeons des villes sont dangereux, vecteurs de germes, porteurs de maladies transmissibles à l'homme. Mais est ce bien vrai ? En fait cet oiseau n'est pas plus contagieux que n'importe quel animal et cette mauvaise réputation faite au pigeon relève plutôt d'une phobie collective, phobie alimentée, entretenue par les entreprises spécialisées dans le dépigeonnage et les pouvoirs publics. Il faut savoir que le marché du dépigeonnage est important, imaginez les millions de pigeons capturés et tués chaque année en France, et élargissez cette visualisation à la planète entière; en effet dans beaucoup de pays on observe le même marché économique appuyé sur une même phobie et une même propagande des pouvoirs publics.

CONCLUSION
On a diabolisé le pigeon biset des villes, une phobie collective envers cet oiseau est née depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. On l'accuse d'un tas de maux : maladie, saleté, bruit. N'est-ce pas notre peur de la mort, notre mal-être moderne qu'on transfère ainsi sur cet animal, devenant un de nos bouc-émissaires ?
Ce constat ne remet pas en cause le fait qu'il soit parfois en surnombre dans nos villes et qu'il faille maîtriser sa population.

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