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le 11/04/2014

La voltige des Bigot, arboristes grimpeurs

Christian et Germain Bigot sont arboristes grimpeurs. Grands enfants, amoureux de l’escalade et de jeux en haut des feuillus, épineux et résineux, au service de l’arbre avant tout, soucieux de sa santé et des soins à lui apporter, ils pratiquent un métier extrême. Rencontre avec eux, à trente mètres du sol.

Christian Bigot dirige depuis dix sept ans, à Allonnes, une entreprise d’élagage, d’abatage et paysagiste. Son fils, Germain, l’a rejoint dans l’aventure, il y a quelque temps. Leur profession est avant tout celle d’arboristes grimpeurs.

L’arbre est un être vivant

Munis d’un certificat professionnel de « taille et soins aux arbres », les Bigot se veulent responsables : élagueurs, certes, mais surtout attentifs à une bonne taille. Car, ils n’oublient jamais que l’arbre est un être vivant. « Idéalement, les hommes et les arbres sont faits pour s’entendre, mais trop souvent la pression urbaine nous oblige à intervenir », affirme Christian Bigot. Son objectif est alors de faire en sorte que les arbres puissent s’adapter au mieux aux contraintes environnantes. Ceci en évitant les tailles drastiques qui sont « extrêmement dommageables ». Chez les Bigot, on n’assimile pas l’arbre à un simple mobilier urbain.

Leur professionnalisme se manifeste aussi dans leur connaissance des différentes espèces d’arbres et leurs caractéristiques propres. Leur savoir-faire principal réside dans leur capacité à anticiper la croissance de l’arbre et d’opérer par taille raisonnée. Les tailles radicales et parfois l’abattage sont malheureusement souvent la conséquence d’une erreur de plantation (le mauvais arbre au mauvais endroit) ou de l’absence d’entretien régulier. L’entreprise Bigot intervient ainsi très souvent chez des particuliers dont les arbres mettent en péril leur habitation ou celle du voisinage.

Un métier souvent très dangereux 

Les journées de Christian et Germain Bigot, ainsi que celles des stagiaires qu’ils forment tout au long de l’année, se ressemblent rarement. Elles se déroulent dans des lieux très variés (parcs, jardins privés, vergers, espaces publics et collectifs, talus de voies ferrées et rivières).

Nous accompagnons les Bigot sur un chantier à Spay. Tout commence par une phase de sécurisation du site, avec la création d’un périmètre de protection. Rappelons-le, ce métier est très dangereux : « Il y a les lignes électriques, le trafic ferroviaire ; sous des ponts, on risque la noyade... ».

Sont ensuite placés les accès dans les arbres, quand est utilisée la technique du démontage, « beaucoup plus risquée que celle de l’abatage au pied ». Par cette pratique, il faut grimper dans l’arbre, jusqu’à plus de 30 mètres parfois, comme un escaladeur ou un trapéziste. « On fait alors tout en rétention, c'est-à-dire avec des cordages ». Concrètement, en premier lieu, l’équipe (il faut toujours être deux, l’un qui grimpe, l’autre qui reste au sol) place une corde d’accès en haut de l’arbre. Celle-ci sert aussi de corde de secours. Si nécessaire, elle permet à l’homme de pied d’intervenir et d’accéder rapidement à son coéquipier, en cas de besoin. Dès que les branches situées au sommet du tronc sont atteintes, Germain Bigot installe ses cordes de travail, deux cordes qui lui permettent de se déplacer dans l’arbre et de se positionner au poste de travail.

Un rôle aussi de conseil

Une fois tous ces ajustements effectués, armé de sa tronçonneuse et d’outils tranchants, il débute la coupe en tranches. Une à une, les pièces de l’arbre tombent avec fracas au sol, avant d’être ramassées et retraitées.

Le travail de l’arboriste grimpeur ne se limite pas à cela. Il a aussi un important rôle de conseil, établissant des expertises. Christian Bigot passe aussi beaucoup de temps à établir des devis et des factures. Son épouse, Cécile, assure la comptabilité et l’administration de l’entreprise.

Le métier, très physique, nécessite une hygiène de vie stricte : « Il faut toujours être en pleine forme et pouvoir rester concentré longtemps ». Incontestablement, c’est une profession où il faut aussi être bien organisé, rigoureux, soigneux et précis. Les erreurs ne pardonnent pas ! Les accidents graves, voire mortels, ne sont pas rares dans cette profession. « Mais quel plaisir de travailler dehors, dans un esprit d’équipe où chacun sait qu’il peut compter sur l’autre ! », confient de concert le père et le fils, unis par la filiation et la profession.

En savoir plus :

Entreprise Bigot
Élagage, abattage et paysagiste
32 rue Claude Chappe
Tél : 02 43 80 62 76

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