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À Sangha, entre espoir et dure réalité

Sangha, la ville rurale malienne avec laquelle Allonnes entretient une coopération active, essaie de se relever peu à peu de la crise sociopolitique qu’a connue le Mali. Elle compte aussi sur une meilleure pluviométrie, le retour des touristes et la poursuite des projets menés avec Allonnes.

La saison des pluies est enfin là à Sangha, après des mois d’une implacable sécheresse. C’est tout un peuple qui retrouve espoir. La confiance est aussi de mise chez Ali Inogo Dolo, son maire, quelques semaines après l’élection présidentielle qui a vu se tourner une sombre page de l’histoire malienne.

La crise a plombé le tourisme

Un pays coupé en deux, un État désagrégé, des dizaines de milliers de personnes déplacées vers le sud et les pays voisins, une nation qui doute de sa propre existence et de son identité, avec l’absurde opposition d’un Sud fertile à un Nord problématique, tel était la situation du Mali, il y a peu encore. Les attentes des Maliens vis-à-vis de leur nouveau président élu sont nombreuses.

À Sangha, la crise a totalement plombé le secteur du tourisme. Sangha, c’est le pays Dogon, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, sous le nom de « Falaise de Bandiagara », et qui est la destination touristique la plus prisée du Mali, grâce à son patrimoine culturel riche et varié. En moyenne, chaque année, 40 000 touristes la visitaient.

Mais depuis trois ans, le secteur est classé dangereux par les pays occidentaux. Cette alerte a provoqué l’arrêt du flot de visiteurs. Les conséquences ont été naturellement très importantes pour la population locale. Pour le maire de Sangha, sa ville et les autres communes du Pays Dogon ont payé « un lourd tribut à la crise ».  Le tourisme qui était de loin le plus gros pourvoyeur de ressources n’en produit plus. Les acteurs du secteur (guides, hôteliers, restaurateurs...) ont été contraints de chercher d’autres alternatives pour échapper à la situation, sans pour autant y parvenir. « La plupart d’entre eux sont désœuvrés », déplore Ali Inogo Dolo. Il compte sur les nouvelles autorités de son pays pour convaincre les états occidentaux de lever l’interdiction de visite qui frappe sa région.

25% des terres sont cultivables

Sangha ne peut s’appuyer sur son agriculture pour survivre. Seules 25% des terres de la commune sont cultivables. De plus, l’agriculture, composée essentiellement de la culture du mil, du sorgho et de quelques maigres produits maraichers, y est strictement manuelle et repose essentiellement sur une culture pluviale. Autant dire que, quand la pluie se fait rare ou est tardive, la récolte est compromise. Cette année, seuls 200 mm d’eau sont tombés, contre habituellement un apport, déjà faibles, de 400 mm ! « Notre autosuffisance alimentaire ne peut être assurée que pendant quatre à six mois seulement », constate le maire de Sangha.

Pendant le conflit du Nord, les migrants ont été nombreux à se réfugier à Sangha, aggravant encore l’équilibre fragile du système agricole. « 400 réfugiés se sont ajoutés aux rations alimentaires habituelles », décrit le premier magistrat de Sangha, qui attend aussi du nouveau président qu’il fasse en sorte que la sécurité alimentaire soit à nouveau assurée.

L’accès à l’eau potable

Sangha mise donc sur le retour des touristes pour s’en sortir. Elle peut aussi s’appuyer sur la poursuite de la coopération entretenue avec la ville d’Allonnes et Le Mans Métropole, avec le soutien de l’Agence de l’eau. « Pendant le coup d’état et la situation chaotique qui s’en est suivie, les partenaires de Sangha ne nous ont pas laissés tomber et je tiens à les en remercier chaleureusement », confie Ali Inogo Dolo. Pour Dominique Daverat, adjoint au maire en charge de la coopération décentralisée, « c’est dans la difficulté que les coopérations ont du sens ».

Les projets en cours ou qui démarrent portent toujours sur la question de l’accès à l’eau potable, qui, à Sangha, « fait encore cruellement défaut dans certains villages ». L’objectif est, à terme, de faire disparaître les puits à ciel ouvert, vecteurs de dysenterie et causant une surmortalité importante. Actuellement, « il y a quatre villages qui sont concernés par la création d’un système de desserte en eau potable». Pour obtenir de l’eau potable à Sangha, il faut forer en profondeur à travers la roche, puis installer dans chaque village une borne-fontaine, alimentée par une pompe reliée à des panneaux solaires. Ce chantier commencera prochainement. « La poursuite des appuis d’Allonnes et de Le Mans Métropole sont nécessaires pour créer chez nous les conditions d’un développement socio-économiques harmonieux », conclue l’édile de Sangha.

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